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Vous avez dit " Journaliste" ?
Par Florence Demigny, Vice Présidente de l'Ajt






Rendez-vous est pris. Ce 6 juillet, nous allons rencontrer un membre de la Commission de la Carte de Presse pour faire un point sur notre petit rectangle de celluloïd barré de bleu blanc rouge. Un point sur le métier aussi. Les supports pour lesquels nous sommes amenés à travailler ont beaucoup changé, c’est une certitude. Le web, la vidéo, la radio sur le net, tous les médias ont désormais plusieurs cordes à leur arc. Il nous faut donc apprendre de nouvelles façons d’écrire, parfois retourner à l’école. C’est l’enjeu d’aujourd’hui et de demain ; s’adapter à une consommation d’informations tous azimuts, à toute heure, sous toutes ses formes, et issues de multiples sources. Seulement, nous ne sommes pas des contorsionnistes de notre plume, ni des parents de la déesse Shiva qui pourraient écrire plusieurs papiers simultanément.
 
Alors oui, vive Internet ! Mais seulement, les bons jours, uniquement lorsque le web nous rend service en facilitant notre travail. Bien moins, en revanche, quand certains journaux en profitent pour monnayer les piges à la baisse. Pourquoi un feuillet sur papier vaudrait 100 euros et un feuillet sur le Net beaucoup moins ? Pourquoi tant de stages non rémunérés ? Pourquoi être payés en nature, sur note de frais ? Mystère et boule de gomme. Ces tendances marginales tentent de gagner du terrain, sous un prétexte éternel et bien connu : il y a des dizaines d’apprentis Rouletabille qui font la queue pour publier quelques lignes, qu’importe les conditions. Cela n’a rien de très réjouissant, ni pour eux, ni pour nous, c’est sûr.
 
Les jeunes journalistes ont de plus en plus de mal à obtenir le sacro-saint laisser-passer de leur métier. Lorsqu’ils l’obtiennent, les CDI sont rares et la part des contrats à durée déterminée augmente, plus 29% l’an passé. La précarité gagne du terrain. A tel point que de nouvelles structures apparaissent, les auto-entrepreneurs débarquent. Pas de charges pour les employeurs qui se frottent les mains mais une entorse à la loi de 1935 qui stipule que le journaliste doit être salarié. Mais au fait, salarié de qui ? Tout le monde peut-il signer un contrat de travail avec un journaliste ? Sous quelle forme ? Et pour quoi faire ?
 
On dit que le travail de journaliste évolue. Le métier change techniquement, oui ; se transforme-t-il fondamentalement ? Pas si sûr. Notre travail répond à un cahier des charges où il est question d’enquête, d’objectivité, d’esprit critique et d’indépendance.
On parle de supprimer de nos statuts associatifs la référence au timbre annuel qu’il fallait coller sur une carte papier et que certains n’ont d’ailleurs jamais connu… Allez, mettons à la poubelle cette phrase obsolète. Peut-être faut-il aller plus loin ? Nous en débattrons lors de notre prochaine assemblée générale à Aix-les-Bains mais, en attendant, le rendez-vous avec la Commission de la Carte de Presse est essentiel pour faire un point sur notre profession malmenée par la crise et chahutée par les incertitudes.
 
Notez bien la date, le 6 juillet, 18h à la Maison de l’Alsace.
 
Ps : N’hésitez pas à faire passer vos questions par écrit si vous ne pouvez venir.
 
Florence Demigny


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